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12 novembre 2003 :
HARTLEPOOL (AFP) - Le premier de deux navires
américains contenant des produits toxiques est arrivé mercredi à Hartlepool (nord-est),
au grand dam de plusieurs associations écologistes à la pointe du combat contre ces
"navires poubelles".
Le premier pétrolier ravitailleur, le "Caloosahatchee", a été
"accueilli" par une manifestation sans violence de militants écologistes et de
riverains, alors qu'il accostait en début d'après-midi aux chantiers de la société
Able UK. Un deuxième pétrolier américain, le "Canisteo", est attendu jeudi
matin à Hartlepool.
Les travaux sur ces navires sont actuellement interdits par la justice britannique
jusqu'au 8 décembre au moins, suite à un recours d'associations écologistes dont
l'influente organisation Les Amis de la terre. "Le gouvernement doit lancer une
enquête publique de façon urgente afin d'établir comment cette situation a pu
survenir", a plaidé Tony Juniper, directeur des Amis de la terre, refusant que
"la Grande-Bretagne devienne la poubelle des Etats-Unis".
Cette demande d'enquête a été immédiatement relayée par la nouvelle porte-parole du
parti conservateur pour les questions d'environnement, Caroline Spelman. Elle a dénoncé
les "terribles erreurs" commises selon elle par le gouvernement de Tony Blair,
les premiers bateaux américains ayant été envoyés vers la Grande-Bretagne avant même
d'avoir obtenu l'autorisation d'être démantelés dans ce pays.
Le "Caloosahatchee" et le "Canisteo" ne sont que l'avant-garde d'une
flotte de 13 navires américains attendus à Hartlepool pour y être démantelés, dans
les cales de Able UK, le chantier naval britannique choisi par la marine américaine
après appel d'offres. Deux autres navires de cette armada destinée à la casse sont
actuellement dans l'Atlantique, après avoir été refoulés mardi par la marine nationale
portugaise alors qu'ils tentaient de faire escale aux Açores.
Quant aux neuf derniers navires en question, ils patientent de l'autre côté de
l'Atlantique, dans l'embouchure de la rivière James, en Virginie, la justice américaine
ayant momentanément interdit leur départ, à l'initiative de plusieurs associations
écologistes. Pour les associations de défense de l'environnement mobilisées, ces
navires, qui contiennent des produits hautement toxiques, dont de l'amiante et des PCB
(polychlorobiphényles, composés chlorés nocifs), ne sont rien d'autre que des
"bombes flottantes". Et ils demandent purement et simplement leur retour aux
Etats-Unis.
Mais il y a aussi la facette économique de la question qui se chiffre à quelque 14,8
millions de dollars (13 M EUR) pour Able UK, propriétaire des chantiers navals de
Hartlepool. "Nous ne nous serions jamais engagés dans un tel contrat sans penser que
nous pouvions faire (le travail) d'une façon sûre et respectant l'environnement",
s'est défendu le directeur général d'Able UK, Peter Stephenson.
Autre argument de poids défendu par la compagnie: les "pertes financières très
importantes", de l'ordre de 220.000 livres (320.000 euros) par semaine, que cette
interdiction des travaux entraînerait selon elle, et surtout les 200 emplois susceptibles
d'être créés. Le ministère britannique de l'Environnement s'est pour sa part voulu
rassurant.
Tout en reconnaissant qu'il était "irréalisable" de faire rebrousser chemin au
"Caloosahatchee" et au "Canisteo", la ministre Margaret Beckett avait
assuré le 6 novembre que des négociations étaient engagées avec Washington pour
renvoyer au point de départ les deux autres navires actuellement au large des Açores, le
"Canopuss" et le "Compass Island".
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LONDRES (AFP) - Deux navires de l'US Navy contenant des produits toxiques sont entrés
lundi dans les eaux territoriales britanniques au grand dam des écologistes, alimentant
la polémique sur les "navires-poubelles" à quelques jours du premier
anniversaire de la catastrophe du Prestige.
"Ils sont actuellement dans les eaux territoriales britanniques et poursuivent leur
chemin" vers les chantiers navals d'Hartlepool (nord-est de l'Angleterre), a
déclaré à l'AFP Julia Gosling, porte-parole de l'Agence maritime et des garde-côtes
britanniques. Partis le 8 octobre des Etats-Unis, ces deux navires promis à la casse
"devraient arriver vers le 12 novembre" à destination, a-t-elle précisé.
La compagnie propriétaire du chantier naval d'Hartlepool, Able UK, devait à l'origine
démanteler ces deux anciens pétroliers ravitailleurs, le Canisteo et le Caloosahatchee,
ainsi que deux autres navires du même type également en route pour l'Angleterre.
"Les deux autres navires sont environ à une semaine derrière les premiers. Il n'y a
aucune indication qui laisse penser qu'ils ont été déroutés", a précisé Mme
Gosling.
La ministre britannique de l'Environnement Margaret Beckett a affirmé jeudi qu'il serait
"irréalisable" de renvoyer aux Etats-Unis les anciens pétroliers "sans
risque pour l'environnement".
Les autorités américaines ont notamment "attiré (notre) attention sur les
conditions météorologiques en cette période de l'année" sur l'Atlantique nord,
a-t-elle expliqué. Les Etats-Unis ont toutefois été prévenus, a-t-elle souligné, que
les travaux de démantèlement pourraient ne pas être effectués "en raison des lois
internationales".
Les associations de défense de l'environnement réclament le renvoi pur et simple de ces
navires aux Etats-Unis. Elles estiment que ces "navires fantômes" constituent
une réelle menace de pollution, alors que la marée noire du pétrolier Prestige
continue, un an après la catastrophe, à souiller des milliers de kilomètres de la côte
atlantique.
Les défenseurs de l'environnement ont, pour l'heure, obtenu en justice une suspension de
dernière minute des travaux. Mercredi, la Haute cour de Londres avait interdit d'entamer
des travaux sur les navires, et ce jusqu'au 8 décembre au moins.
Dans la semaine suivant cette date, la Haute cour de Londres examinera les différents
recours déposés contre le démantèlement et la destruction de ces navires âgés de 40
ans et contenant des produits hautement toxiques dont de l'amiante et des PCB
(polychlorobiphényles, composés chlorés nocifs). En attendant, les deux navires
pourront accoster, mais seules des mesures nécessaires "pour préserver leur
sécurité" pourront être prises.
Un ou deux "puissants remorqueurs" britanniques suivent en permanence les deux
navires de l'US Navy, a expliqué Mme Gosling, précisant qu'Able UK avait pris "les
mesures adéquates" pour assurer la sécurité des bateaux.
Les Amis de la Terre, à l'origine de plusieurs recours en Grande-Bretagne contre
l'arrivée de ces bateaux, ont dénoncé le stockage des navires à Hartlepool. "Je
suis sûr que les autorités américaines seront contentes d'apprendre que la
Grande-Bretagne est prête à devenir la poubelle des Etats-Unis", a dénoncé Tony
Juniper, directeur de l'association.
Selon le Basel Action Network (BAN), un réseau qui rassemble des organisations comme
Greenpeace et les Amis de la Terre, quelque 150 autres bateaux américains doivent à
terme être envoyés à la casse à l'étranger.
Les Etats-Unis ont mis fin en octobre au moratoire observé par le gouvernement de Bill
Clinton sur la destruction des navires à l'étranger, selon le BAN. Depuis le début de
l'année, quelque 450 bâtiments ont été envoyés à la casse dans le monde, selon
Greenpeace.
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